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samedi 29 mai 2010

-M- "les saisons de passages" à L'Olympia, Paris


C’est sur scène que le clair-obscur "Roi des Ombres" prend toute sa dimension. Plus qu’un concert de -M-, "Les saisons de passages" c'est plus de deux heures de spectacle explosif et raffiné.


M- est un des meilleurs showman de l’hexagone, et c’est à juste titre que ses concerts sont toujours pleins (malgré des places vendues assez chère - entre 40 et 60 euros). Matthieu nous a fait ses classiques, solo au milieu de la salle ou pendu au balcon, communion et cri collectif avec le public, moment d’émotions ("délivre"), ou encore petit medley acoustique de ses meilleurs tubes, le tout avec sa folle énergie…

Mais pour ceux qui ont vu les tournées précédentes, ce qui frappe d‘abord, c’est la scénographie très élaborée du spectacle : des décors entièrement blanc (amplis, pieds de micros, etc, y compris), des lumières soignées, et une utilisation assez subtile de la vidéo, (images live mais retravaillée, retrojecteurs, mots écrits en direct, etc) . Matthieu, ce n’est plus un secret, partage sa vie avec Juliette Deschamps ( connue pour ses mises en scène de théâtre) qui y est sans doute pour quelque chose…
Dans ce décor "Les saisons de passages" (nom de la tournée) racontent une histoire, celle d’un -M- devenu un peu encombrant, un peu caricatural (son immense perruque au début du spectacle), mais qu’on aime et dont on a du mal à se débarrasser. Le -M - apparait même sous la forme d’un squelette fantomatique, qui vient hanter les rêves de Matthieu, et qui court sur un tapis roulant pendant tout un morceau (qui court après quoi ? Mystère, Mister). A la fin du spectacle, -M- lâche la perruque, il est finalement redevenu Matthieu, le musicien qui s’amuse avec ses frères et sœurs, ses amis, son public.

L’autre nouveauté c’est une équipe renouvelée qui l’accompagne, à l’exception du fantasque Cyril Atef, toujours aussi efficace à la batterie. Pierre Boscheron est aux machines, et il n’est autre que celui qui a accompagné -M- dans l’enregistrement de son tout premier disque, "le baptême". Sur ce disque sorti en 1997, deux gamins de 8 et 9 ans faisaient des chœurs, Joseph et Anna Chédid. Ils sont aujourd’hui avec le grand frère sur scène. Ils ont ramené des copains de leur âge, la talentueuse bassiste Elise Blanchard, et le charismatique Pierre Cohen à la guitare. Anna chante et joue du piano et Joseph, (qui a co-écrit plusieurs morceau du dernier disque avec son frère) joue absolument de tous les instruments qui sont sur scène. Il commence à la batterie, enchaine à la guitare, passe à la basse, revient à la batterie, puis à la guitare, tout en chantant, dansant, bougeant, toujours et tout le temps, pour finir au piano, accompagnant seul Matthieu pour le dernier rappel. Sa fraicheur rappelle évidemment le -M- des débuts, mais Joseph - que j’ai vu plusieurs fois en concert avec son groupe Selim - est loin d’être une pâle copie : c’est un des points forts du spectacle, trublion et musicien génial, il se permet à peu près tout… jusqu’à enchainer un solo de guitare (en slip de superman et en avant scène) et un solo de batterie, sur le "complexe du corn flakes". Et ce n’est pas gratuit, cela nous raconte l’histoire de ce gamin de 12 ans qui se rêvait en rock star , et dans le clip du morceau, et se déguisait en -M-. (Le gamin, du clip, évidemment c’était lui. )
Matthieu Chédid sait mettre en avant ses musiciens (formidable solo de la bassiste sur "matchistador") et si son succès ne se dément pas, c’est bien parce qu’il a su être à la fois un chanteur, auteur et compositeur de mélodies qui durent, et rester ce gamin de 18 ans qui jouait de la guitare pour les passants, sur le quai du canal saint martin. Matthieu n’a pas attendu que les ventes de CD s’effondrent pour savoir que c’était sur scène que le public se gagnait. Avec le temps, il y ajoute à son talent de guitariste et de showman, une dimension de véritable inventeur de "spectacle", de raconteur d’histoires, et nous entraine dans un univers peut-être moins rose et acidulé qu'auparavant, mais plus complexe, et plus intéressant.

2 commentaires:

  1. Je confirme que M en concert, c'est simplement "à vivre".

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  2. c'était génial ce concert !

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