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dimanche 30 mai 2010

Chronique : Carmen Opera Rock & Soul, (Acte II) au Ciné 13

Dans le cadre du festival de formes courtes théâtrales "mises en capsules", au Ciné 13 Théâtre, Alexis Michalik (adaptation et mise en scène) et PAD (arrangement et composition musicale) proposent une décapante adaptation "Rock n’ Soul" de l’Opéra de Bizet, avec une vingtaine de chanteurs, danseurs, acteurs et musiciens, dont Julie Zenatti & Christophe Mali (Tryo).

Le spectacle commence des l’extérieur de la salle, alors que nous pénétrons dans le cabaret de Lilas Pastia (le remuant Youseff Hajdi), accueillis par des serveuses particulièrement jolies, et attentive au public masculin (ce sont les choristes), Carmen (Julie Zenatti) et ses copines sont déjà dans la salle, (arrangé en cabaret, avec tables et petites lampes) ainsi que bon nombre des acteurs. Le groupe attaque une petite intro inspirée de l‘ouverture de carmen, Pastia chauffe la salle, et le spectacle commence vraiment avec un Zuniga aviné (Christian Mulot, convaincant) qui réclame une chanson, que Carmen nous offrira (il s’agit des tringles des sistes tintaient revisité en chanson de cabaret, et finissant en rock endiablé…). Le caneva du spectacle suit vraiment l’acte 2 de Carmen, à quelques adaptations prêts : les contrebandiers (Kova réa et Julien Plantier, tous deux excellents) sont funky en diable et semblent tout droit sorti de Shaft, le Torréador (Antoine Lelandais, survolté) est une star du foot, qui rend les filles hystériques, etc. Les costumes et la musique sont plutôt sixties, ou seventies, sans que cela ne soit trop mécaniquement transposé.

Un des points fort spectacle, c’est qu’il se passe toujours quelque chose sur scène, les acteurs sont mêlés au public (invité à danser par les serveurs, et plus généralement participer), ou l’inverse, l’ambiance est garantie. Les chorégraphies (de Nytia Fierens) sont simples mais efficaces. Les chanteurs jouent vraiment plutôt bien la comédie. Il y a des moments assez drôles, sans être caricaturaux. La bonne surprise vient en particulier de Julie Zenatti, très convaincante, qui plus est dans un style de musique radicalement opposé à son genre habituel. Le pari de cette adaptation c’était le choix - contrepied évident - de Christophe Mali dans le rôle de José, parmi tous ces chanteurs avec des voix puissantes, on aurait pu craindre qu’il essaye de pousser sa voix, et perde son timbre si particulier. Au contraire, sa version de la fleur que tu m’avais jetée (habituel morceau de bravoure du ténor) est tout en douceur et en finesse, avec des moments presque parlés, un arrangement astucieux de PAD (guitare électrique/ violoncelle), et un final de guitares à la radiohead très efficace. José redevient vraiment un looser sympathique, bientôt berné par Carmen, qui lui préférera dans les actes suivants le flamboyant torréador.

Au final, on croit à cette version de Carmen, qui ne ressemble ni tout à fait une comédie musicale (le groupe sonne vraiment comme un groupe live, qui groove, qui sature, qui s‘amuse…), ni à une pièce de théâtre, on est à mis chemin du cabaret et du concert… On y croit aussi parce qu’on y reconnait les air connus de Carmen : les arrangements de PAD (Pierre-Antoine Durand) sonnent comme du Bizet dopés aux Beatles ou aux Stones, avec en prime des parties radicalement funky (bien servis par une excellente bassiste, Sabrina Boudaoud…). Les structures assez complexes des morceaux en deviennent limpides, avec des ruptures qui rappellent parfois A night at the Opera de Queen. Les choristes s’en donnent à cœur joie dans un final décapant ou l’on nous invite (avec José) à la liberté, dans un final presque hippie, où les jupes se retroussent, les chemises volent, et les bouches s’embrassent…

Alexis Michalik, connu pour ses adaptations de Shakespeare, (après La Mégère à peu près apprivoisée au Splendid, il est aussi actuellement à l'affiche du Studio des Champs-Elysée avec Roméo & Juliette) semble être en passe réussir son pari, pour ce qui n’est qu’un pourtant qu'un Work in progress, adaptés au conditions et à l’espace du ciné 13. Cet Acte deux de Carmen (45 minutes) est en soi déjà un beau et jubilatoire moment de spectacle très vivant.

crédit photo : Chloé Bonnart.

site du festival : http://www.misesencapsules.com

samedi 29 mai 2010

-M- "les saisons de passages" à L'Olympia, Paris


C’est sur scène que le clair-obscur "Roi des Ombres" prend toute sa dimension. Plus qu’un concert de -M-, "Les saisons de passages" c'est plus de deux heures de spectacle explosif et raffiné.


M- est un des meilleurs showman de l’hexagone, et c’est à juste titre que ses concerts sont toujours pleins (malgré des places vendues assez chère - entre 40 et 60 euros). Matthieu nous a fait ses classiques, solo au milieu de la salle ou pendu au balcon, communion et cri collectif avec le public, moment d’émotions ("délivre"), ou encore petit medley acoustique de ses meilleurs tubes, le tout avec sa folle énergie…

Mais pour ceux qui ont vu les tournées précédentes, ce qui frappe d‘abord, c’est la scénographie très élaborée du spectacle : des décors entièrement blanc (amplis, pieds de micros, etc, y compris), des lumières soignées, et une utilisation assez subtile de la vidéo, (images live mais retravaillée, retrojecteurs, mots écrits en direct, etc) . Matthieu, ce n’est plus un secret, partage sa vie avec Juliette Deschamps ( connue pour ses mises en scène de théâtre) qui y est sans doute pour quelque chose…
Dans ce décor "Les saisons de passages" (nom de la tournée) racontent une histoire, celle d’un -M- devenu un peu encombrant, un peu caricatural (son immense perruque au début du spectacle), mais qu’on aime et dont on a du mal à se débarrasser. Le -M - apparait même sous la forme d’un squelette fantomatique, qui vient hanter les rêves de Matthieu, et qui court sur un tapis roulant pendant tout un morceau (qui court après quoi ? Mystère, Mister). A la fin du spectacle, -M- lâche la perruque, il est finalement redevenu Matthieu, le musicien qui s’amuse avec ses frères et sœurs, ses amis, son public.

L’autre nouveauté c’est une équipe renouvelée qui l’accompagne, à l’exception du fantasque Cyril Atef, toujours aussi efficace à la batterie. Pierre Boscheron est aux machines, et il n’est autre que celui qui a accompagné -M- dans l’enregistrement de son tout premier disque, "le baptême". Sur ce disque sorti en 1997, deux gamins de 8 et 9 ans faisaient des chœurs, Joseph et Anna Chédid. Ils sont aujourd’hui avec le grand frère sur scène. Ils ont ramené des copains de leur âge, la talentueuse bassiste Elise Blanchard, et le charismatique Pierre Cohen à la guitare. Anna chante et joue du piano et Joseph, (qui a co-écrit plusieurs morceau du dernier disque avec son frère) joue absolument de tous les instruments qui sont sur scène. Il commence à la batterie, enchaine à la guitare, passe à la basse, revient à la batterie, puis à la guitare, tout en chantant, dansant, bougeant, toujours et tout le temps, pour finir au piano, accompagnant seul Matthieu pour le dernier rappel. Sa fraicheur rappelle évidemment le -M- des débuts, mais Joseph - que j’ai vu plusieurs fois en concert avec son groupe Selim - est loin d’être une pâle copie : c’est un des points forts du spectacle, trublion et musicien génial, il se permet à peu près tout… jusqu’à enchainer un solo de guitare (en slip de superman et en avant scène) et un solo de batterie, sur le "complexe du corn flakes". Et ce n’est pas gratuit, cela nous raconte l’histoire de ce gamin de 12 ans qui se rêvait en rock star , et dans le clip du morceau, et se déguisait en -M-. (Le gamin, du clip, évidemment c’était lui. )
Matthieu Chédid sait mettre en avant ses musiciens (formidable solo de la bassiste sur "matchistador") et si son succès ne se dément pas, c’est bien parce qu’il a su être à la fois un chanteur, auteur et compositeur de mélodies qui durent, et rester ce gamin de 18 ans qui jouait de la guitare pour les passants, sur le quai du canal saint martin. Matthieu n’a pas attendu que les ventes de CD s’effondrent pour savoir que c’était sur scène que le public se gagnait. Avec le temps, il y ajoute à son talent de guitariste et de showman, une dimension de véritable inventeur de "spectacle", de raconteur d’histoires, et nous entraine dans un univers peut-être moins rose et acidulé qu'auparavant, mais plus complexe, et plus intéressant.

jeudi 13 mai 2010

Christophe Mali (Tryo) et Julie Zenatti réunis dans un Carmen version Pop Rock



En complément de mon papier du hiboo (à lire ici) sur la participation commune de Christophe Mali, chanteur de Tryo et de Julie Zenatti à une adaptation de Carmen par le metteur en scène Alexis Michalik et le compositeur PAD ( Pierre-Antoine Durand) , voici la distribution officielle du spectacle, et quelques informations complémentaires.

Carmen, Acte 2 :
ditribution


Julie Zenatti (Carmen)
Christophe Mali (José)
Antoine Lelandais (Escamillo)
Kova Réa (Dan Caïd)
Julien Plantier (René Dadou)
Nitya Fierens (Frasquita)
Geraude Aveyva-Derman (Mercedes)
Christian Mulot (Zuniga)
Youssef Hajdi (Pastia)
et
Marine André
Laura Bensimon
Fred Colas
Cloé Horry
Olivia Manissa Panatte
Yves Letzelter
Arnaud Schmitt
Roxane Le Texier

Musiciens
Sabrina Boudaoud (basse)
Fabien Hily (mini-batterie)
Mathieu Terol (guitare)
Raphael Bancou (claviers)
PAD (guitare)

Adaptation & Mise en scène : Alexis Michalik
Arrangements et composition musicale : PAD
Direction des Choeurs : Raphael Bancou
Choregraphies : Nitya Fierens
Costumes : Marie Frin



presentation : "Carmen, Acte 2 : nous sommes au Cabaret, chez Lilas Pastia.
Des serveuses, des danseuses, du vin qui coule.
Sur scène, du rock.
Un groupe, en live, in vivo, des instruments, des chanteurs, un show.
Du spectacle qui ne triche pas, qui convie le public, comme à un concert.
D’hommes en hommes, de passions en passions, une femme libre au coeur de la nuit :
Carmen.
C’est l’histoire d’une femme qui aime tellement la vie qu’elle va en mourir.


Dates
lundi 24 mai
Jeudi 27 mai
lundi 31 mai
jeudi 3 juin
Lundi 7 juin
jeudi 10 juin à 22h.

+ Samedi 12 juin à 23h
en clôture du festival…
On le rappele cet évènements à lieu dans le cadres d'un festival appelé mises en capsules, qui présente des spectacles d'une demi heure.
le site du festival http://www.misesencapsules.com

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