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jeudi 10 novembre 2011

Chronique album : Thierry Stremler " Rio"



Thierry Stremler sort avec Rio un nouvel album haut en couleur :  pop élégante, folk chatoyante, ballades pluvieuses ou ensoleillées et second degrés sont une fois de plus au rendez vous.
Avec ce quatrième album Thierry Stremler confirme son appartenance à une catégorie de chanteur assez rare : celle de ce qui se fait de mieux dans la chanson française actuelle. Reconnu par ses pairs et méconnu du grand public, il continue son chemin, sans être vraiment médiatisé. Je ne sais pas s'il a "raté le coche" comme il le chante, mais il n'a pas raté son album. 

Pour ce disque Thierry Stremler est allé à Rio pour écrire des chansons, et on aurait pu craindre, vu le titre de l'album "Rio", qu'il n'ait cédé à la tentation de chercher à faire "couleur locale", mais si ce disque flirte avec la samba ou la bossa nova, le côté sud américain vient surtout agrémenter, parfois avec humour , des chansons pop comme Stremler sait si bien les faire : une veine douce et mélancolique ("j'ai raté le coche", "la chanson de lucie"), une veine très pop rock  ("les serveuses", "porno star"), et une veine plus dansante, ("économie", et "pourquoi pas"). Les textes eux sont parfois l'évocation d'un amour perdu, d'un homme blessé, mais sont aussi souvent très drôles et assez fins comme "porno star", (qui sont en fait les stars éphémère de la télévision), ou  "économie" dans l'air du temps. 
Accompagné par ses deux acolytes Joseph Chedid (chœurs, batteries, guitares) & Pascal Colomb (réalisation & divers instruments), il nous offre un album à la tonalité très acoustique, mais aux arrangements particulièrement soignés,  et où l'on notera la présence de nombreux guests pour les instruments et les chœurs complémentaires (Jeanne Cherhal, Cyril Atef, Sebastien Martel, Anna Chedid, Chat... ).

A noter une campagne internet assez amusante (en 5 "chapitres"), où l'on retrouve ( notamment Joseph Chedid et Romain Cottard) une partie de la bande de cabaret pour tes parents, dont Stremler faisait partie.


RIO - LA PROMO (CHAPITRE 1) par cherichaperon

Thierry Stremler " Rio" (Disques Daunay / Because) 

vendredi 8 avril 2011

Chronique : Puggy - Something you might like

J'ai mis un peu de temps avant de m'interesser à Puggy, parce que je pensais que c'était encore un groupe de franchouillard qui se prenaient pour des gars de Londres ou de Liverpool, et lorsque j'ai pris le temps d'écouter, j'ai eu l'agréable surprise : le chanteur chante vraiment en anglais, avec un accent anglais...  En effet Puggy c'est (attention phrase recopiée et répétée partout) "un groupe belge composé d'un chanteur/ guitariste/ pianiste, anglais, d'un bassiste français et d'un batteur/pianiste suédois" basé à bruxelles.

Puggy avait sorti il y quatre ans un premier album passé presque totalement inaperçu  - Dubois died today -  ce disque était plutôt bon, avec quelques "tubes" potentiels comme " chez madame louise" ou "the luckiest crime". Le deuxième album sorti l'été dernier s'appelle "something you might like" et marche assez bien. Qu'est-ce qui a changé entre temps ? Musicalement,  pas grand chose :  la veine est la même, très pop, un peu rock, assez élégant dans l'ensemble... Mais diable pourquoi maintenant ça marche ? Peut-être parce que le groupe est passé d'un mini label independant belge nommé Talkieo, (aujourd'hui disparu il me semble), à une major (Mercury/ Universal). Le truc amusant est que avant de sortir ce deuxième album, Puggy avait sorti un petit EP nommé "teaser", et envoyé à tous les magazines et blogs, comme un nouveau groupe qui démarre... Universal a lancé Puggy comme un groupe tout nouveau tout beau... et d'ailleurs, comme ils sont bien sages ces garçons, leur premier album, ils n'en parlent pas trop.
 
"Something you might like" ce n'est pas franchement nouveau, mais c'est assez beau. Les chansons sont indéniablement meilleures que sur le précédent disque. Le groupe joue vraiment bien et chante très bien. Au premier abord, cela fait beaucoup penser à du Mika, en raison de la voix du chanteur ( qui pourtant physiquement ressemblerait plutôt à Johnny Greenwood) et donc à du Freddy Mercury (dont mika est quand même une sorte de clone vocal, ce qui n'est déjà pas si mal). Les garçons font du Mika un poil plus rock, ("we have it made") ou carrément du Queen ("teaser") , malheureusement, lorsqu'il font dans le sentimental (malgrès les "motherfucker" qui avaient tant ému ce cher Naguy)  sur "How I needed you"   cela vire malheuresement à du Coldplay ( et ça pour moi, c'est très mal, parce que je déteste Coldplay).
A mon sens outre le single "When you know" (très efficace)  mes moments préférés du disque sont "Teaser" parce que c'est bien fait, (dans le genre hommage), "Goddess lady", parce qu'il y a un petit côté kitch qui me plait bien, et le morceau éponyme "something you might like", à mon sens le meilleur du disque... ( cette petit intro qui évoque vaguement celle de "Time" de Bowie, suivi d'un départ en trombe).
    Pour conclure je dirais que les chansons sont toutes assez bien foutues, que c'est pas mal enregistré, mais que ça manque globalement un peu de cachet et de personnalité parfois. Mais c'est agréable à écouter comme disque... Si vous être ultra des choses très pop, et gaies, qui donnent envie de taper des mains et qui se retiennent à la premiere écoute, ce disque est pour vous. En regardant quelques interwiews sur le net, je vois que les garcons ont l'air simple et franchement sympas:  comme leur musique, finalement. J'aimerais tout de même bien les voir en vrai live, pour voir si musicalement, ça "gratte" un peu plus, comme le semble le montrer cette vidéo du hiboo (moins bonne que d'habitude, mais ils avaient eu de sérieux problème techniques, les pauvres garçons... )

mardi 15 mars 2011

Chronique : Albin de la Simone au Ciné 13

Albin de la Simone avait donné plusieurs concerts solo "non amplifiés" (c'est à dire sans micro) à la loge (salle polyvalente du 11eme arrondissement), l'année dernière, il approfondit encore  le concept cette année, un peu partout, et notamment au ciné 13 théâtre à Paris.

Je commence à bien connaître ce lieu, théâtre art déco rococo tout confort sur la butte Montmartre, et après avoir plus qu'apprecié Mathieu Boogaerts il y a un mois (chronique ici) , raté Thierry Stremler il y a deux semaines, (ces trois là sont très copains)  je ne voulais pas manquer l'élégant Albin. Dans la salle un public composé pour moitié de fans, ceux qui connaissent les chansons d'à peu près tous les disques, et de curieux, qui ont découvert Albin en première partie d'untel ou tel, ou récemment avec Vanessa Paradis. Cela donnait un à la fois public attentif et investi. Le principe du concert non amplifié est particulièrement intéressant et fonctionne à merveille dans cette salle pourtant assez spacieuse (pour le nombre de place) puisque qu'il oblige le public à une participation contenue et précise (en gros si vous chantez tout le monde vous entends y compris albin) mais qui génère pas mal de magie. Outre des moments très intimes, sur les chansons les plus douces, une dynamique s'installe réellement entre le public et le chanteur... Albin ne faisant pas  - loin de là - que des concerts solo, mais multipliant les expériences, comme avec l'ensemble classique "contraste", ou comme directeur musical de la tournée actuelle de Vanessa Paradis, cette formule solo est une occasion d'être très proche du public, comme mis à nu, et Albin semble y prendre beaucoup de plaisir.


Ces concerts sont surtout l'occasion de véritables échanges avec le public. Dimanche soir, alors qu'albin nous invitait à claquer des doigts pour "faire la caisse claire", un spectateur s'est lancé dans un beat box (reussi), et Albin l'ayant invité à continuer, d'autres ont suvit, cherché des choeurs. Sur un autre morceau, Albin a saisi au vol une "proposition" (un clap sur un temps de la mesure pas forcément évident)   la salle à suivi, albin lachant son clavier pour venir au milieu du public et "diriger"  une scèance d'improvisation vocale assez reussie. (Car en gros les spectateurs qui chantaient le mieux, et connaissaent les morceaux par coeur n'hésitent pas à pousser un peu la voix, et à entrainer les autres...). Au programme dimanche soir des morceaux des trois albums, mais aussi une reprise de Bashung, et trois chansons inédites, qui devraient figurer sur un prochain disque. Malgrès deux rappels, on aurait presque trouvé ça un peu court (un peu plus d'une heure) on avait envie de chanter, de participer encore plus, on se disait qu'on aurait du s'y mettre plus tôt... Sous un tonerre d'applaudissement, Albin de la Simone nous a "invité" à revenir dimanche prochain, pour la suite... Chiche...
A noter qu'albin a aussi un blog, assez sympa...

Ciné 13 Théâtre 1 avenue junot 75018 Paris

photo 1 extraite d'une vidéo de sandra loterstein

samedi 26 février 2011

chronique : Radiohead - The King of Limbs

Un album sorti sans que personne ne s'y attende, les grands médias réduits tel de vulgaires fans, à s'informer sur facebook (tendance de plus en plus fréquente) sortant leurs papiers avec un ou deux jours de retard sur la blogosphère, voici pourquoi Radiohead a déjà réussi son coup médiatique.
Mais parlons du disque...
Radiohead effectue une fois de plus un virage surprise, un retour, ai-je lu un peu partout, à la sècheresse des albums jumeaux,  "Kid-A" et "Amnesiac". Certes, les guitares se font assez discrètes et les rythmiques syncopées,  (batteries sèches et boîtes à rythmes couplées), synthé et autres objets éléctroniques fournissent l'essentiel de la matière de cet album. Déroutant à la première écoute, The King of Limbs gagne a être écouté plusieurs fois, je conseille même l'expèrience (comme pour tout le disque) de l'écouter avec un bon casque (et comme on l'aura téléchargé en wav, ce sera bien), et de se plonger dans toutes les subtilités du son, des arrangements, des envolées lyriques, qui nous toujours aussi plus loin. Des morceaux comme "Little by Little, "Codex", et l'immense "separator" sont du radiohead grand cru... reste qu'on peut être moins impressioné par un morceau comme "feral", ou "in bloom" qui ouvre l'album. Mais quelque chose emmerge dans ce disque après la fin du dernière morceau, comme un sentiment d'inachevé, de frustration... On se le ré-écoute une fois, en écoutant le texte, et dans le dernier morceau, la lumière vient  :
"If you think this is over then you're wrong. if you think this is over Then you're wrong."  chante Thom Yorke. Voilà, c'était donc ça, le disque n'est pas fini : La rumeur enfle sur le net, un nouvel album va sortir bientôt, et d'autres ensuites, la preuve, la version collector du disque n'est-elle pas présenté sous la forme d'un news papers, un journal, dont les prochains numéros vont sortir de façon imminente...
Pas sûr écoutons la suite reste de la chanson : " Wake me up, wake me up If you think this is over Then you're wrong Wake me up, wake me up Like I'm falling out of bed From a long, weary dream"  cette histoire n'est peut-être qu'un rêve, un long rêve qui nous épuise, et dont il faudra bientôt se reveiller.

Les fans se plairont donc à suivre cette rumeur, le moindre petit signe venant du blog personnel du groupe dead air space, et Radiohead,  dont les disques sont sans doute les plus attendu au monde tant ils apportent à chaque fois avec eux de nouveauté,  a toujours bien su jouer avec cette attente, avec notre civilisation prétendument numérique, nos communications prétendument instantanées. Reste la musique, qui allie la voluptué des voix et des synthé et  la secheresse des rythmiques, les textes poétiques, sombres et fous. The King of limbs, peut-être pas le meilleur album de radiohead, mais une nouvelle pierre à l'édifice sonique majestueux que construit ce groupe au fil des années.

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